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Publié par Jerome

Quel contenu pour une 500è publication ?

Donner envie, je pense qu’un article doit marquer par l’envie qu’il transmet.

Je vais donc revenir sur un certain nombre de sujets tout en me projetant dans les pratiques potentielles.

La prévention des risques ; métier « as been » et soumis au « prevention-bashing » est-il un mal nécessaire ou une activité à haute valeur ajoutée ?

J’aime la prévention des risques, c’est mon métier depuis 25 ans. Vous savez pour la plupart quel est mon cursus sur cette période.

Ces quatre dernières années sont un challenge au quotidien. Ma société, GRIPHE Conseil, est un aboutissement dans ma pratique de la prévention des risques. Non ce n’est pas une finalité mais la transformation d’un projet datant de 1999 grâce à Henri, préventeur de 65 ans qui m’a transmis la passion de la compréhension du risque et de la cindynique.

Je me suis formé et je me forme au quotidien sur les sujets de prévention des risques professionnels autant que dans ma capacité à transmettre.

Savoir ou connaitre sans se confronter à des apprenants et/ou à d’autres préventeurs est une impasse. On prend le risque de s’enfermer dans des certitudes en omettant une partie de la compréhension globale. Le préventeur pour être performant, donner envie, doit se mettre en danger en s’exposant à des situations qu’il maitrise peu, il doit confronter son approche à d’autres pour faire progresser ses pratiques et se remettre en cause.

J’avais rédigé un article il y a quelques temps sur le sujet de la recette et des ingrédients en prévention des risques pro. (http://www.hsseassist.com/2019/02/la-prevention-des-risques-une-recette-a-toutes-les-sauces.html). S’enfermer dans une méthodologie peut vite devenir dogmatique et donc pénalisant lorsque l’on sait que la matière du préventeur est l’Homme.

L’habitude est confortable. C’est pourtant celle-ci qui masque la prise de risque et les dérives  quotidiennes (cf http://www.hsseassist.com/article-l-archipel-du-danger-122293164.html ) Aussi, un préventeur doit savoir se questionner voire faire auditer ses pratiques régulièrement pour dégager de nouveaux horizons.

Je peux vous citer quelques exemples d’enfermements intellectuels :

  • Baser sa politique et sa vision sur les indicateurs de type taux de fréquence. Il ne s’agit aucunement d’une vision mais plutôt de conséquences d’une démarche globale. Et pourtant, je rencontre de nombreuses entreprises où la culture de l’accident est centrale (lorsque l’on base sa politique sur le Tf on développe plus une culture autour de l’accident qu’un cercle vertueux basé sur la prévention).
  • Les visites sécurité dites hiérarchiques comme outil magique : prônées par de nombreuses sociétés elles visent à opposer la manager à la prise de risque de l’opérateur. Cette « visite » peut être un levier d’apprentissage ponctuel dans le chemin de la maturité. Mais une société qui n’en sortirait pas limiterait définitivement le développement de sa culture de prévention. Dans de nombreuses entreprises où j’ai rencontré cette pratique quais dogmatique, j’ai également fait le constat d’opposition réelle dans les relations entre direction et IRP.
  • Assurer une veille uniquement dédiée à son secteur : regarder la prévention uniquement par le biais des publication de son syndicat professionnel ou de son sous-traitant en veille réglementaire limite strictement son angle de vue. Sortir du cadre est ce qui nous fait grandir et animer différemment la prévention.
  • ….

 

C’était mon état d’esprit lorsque j’étais salarié. Le réseau est indispensable, non pas en consommateur mais en acteur engagé.

A une époque, je disposais d’un budget R&D pour tester de nouvelles pratiques et être innovant dans les pratiques en prévention.  L’innovation ne tient pas au budget mais celui-ci est nécessaire pour transformer l’idée la majeure partie du temps. Si on ne teste pas son idée, on ne connaît pas le potentiel qu’elle a…

Ma formation s’étale depuis 1993 en différents moments sans véritable pause. S’arrêter signifie stopper sa mission de prévention et rester sur le même point de vue. Depuis mon DUT en hygiène et sécurité obtenu en 1995 à Colmar (bonjour à tous les ancien de la rue du grillenbreit !), j’ai suivi des cours du soir et WE au CNAM, j’ai passé un Master et je continue aujourd’hui vers un titre de formateur. Pourquoi ? Au-delà de Qualiopi, le fond reste l’approche pédagogique / andragogique du formateur. Obtenir un titre de formateur, c’est se mettre en danger pour réellement savoir si l’on est au niveau de l’attendu des clients, des partenaires,...Obtenir qualiopi est une affaire très administrative surtout lorsque l’on est indépendant. En complément pour un indépendant la charge de travail imposée par qualiopi est importante. Elle est liée à des formations qui sont majoritairement sur-mesures avec de réelles plus-values en opposition aux formations catalogues que veut voir se développer l’Etat. Ainsi on mais une sur-charge de travail administratif sur les entreprise innovantes et celles adaptant leurs contenus aux cultures de leurs clients.

Se mettre à son compte ; c’est se mettre en danger au quotidien.

J’ai plaisir à le faire car c’est ce qui maintient l’intérêt pour la prévention des risques. Vous verrez peu de recettes toutes faites dans les livres que je lis et qui sont transmis sur mon blog. Même s’ils fleurissent, j’ai fait le choix depuis plus de 20 ans de m’intéresser aux sujets qui font la prévention des risques professionnels comme la psychologie des organisations et de sociologie du travail.

Ces sujets sont primordiaux dans l’activité professionnelle du préventeur. En effet, les contraintes sont rarement techniques en matière de prévention des risques professionnels. Les principaux blocages sont liés aux organisations et aux Hommes. Aussi les ouvrages que j’ai pu lire et que je continue à découvrir avec plaisir portent sur l’ergonomie à travers des ouvrages des éditions Octares (l’analyse du travail en psychologie ergonomique ; Traité d’ergonomie ; la prise de risque dans le travail), la psychologie du travail (l’erreur humaine de James Reason – Presses des Mines -  travail et usure mentale de Ch DESJOURS aux éditions Bayard ; les nouvelles organisations du travail aux éditions l’Harmattan ; la fonction psychologique du travail par Yves CLOT aux Presses Universitaires de France; libérer l’entreprise, ça marche ? sous la coordination de Laurent KARSENTY aux éditions Octares), les émotions au travail (Jeantet 2018  aux éditions CNRS et Bonnet 2020 aux éditions octares). - http://www.hsseassist.com/search/ouvrages%20de%20r%C3%A9f%C3%A9rence/ -

Cela fait partie de notre travail de vouloir toujours créer. Mais il ne faut pas tout recréer lorsque les éléments existent déjà par ailleurs. S’imprégner des différents champs qui font la prévention des risques professionnels, c’est assurer une compréhension la plus large possible de l’entreprise et des organisations. On peut, ainsi, mieux comprendre les orientations stratégiques et coller au plus près de la culture d’entreprise par une approche adaptée.

Lorsque je suis stagiaire au sein d’une formation (sur le sujet d’un risque, une méthodologie d’animation, de conception,…) je fais le lien avec toute cette composition essentielle à la compréhension de l’Homme dans son environnement de travail pour faire progresser la prévention.

 

Un 500ème  article pour vous donner envie, que vous soyez préventeurs ou non (mais a priori, on doit toutes et tous l’être un peu pour avancer !). Allez chercher l’information ! Soyons toutes et tous curieux. Que l’on soit âgé de 25 ou 55 ans, on peut tous apprendre des autres, faut-il activer ses récepteurs…

Un 500ème article proche des 9 ans de mon blog. Ce sera en janvier 2021. Je ne cherche pas à faire de l’audience, ça n’a jamais été mon but. Je souhaite juste partager mes réflexions et mes lectures qui me font progresser également. Écrire a cette vertu de remodeler la compréhension d’un sujet, d’une réflexion, d’être en capacité à traduire ses pensées et ses idées sous forme de texte.

Un 500ème article pour vous inciter à échanger et poser vos questions pour améliorer vos pratiques (une question qui n’est pas posée reste sans réponse !). On ne peut pas tout savoir. J’ai eu un directeur, il y a quelques années qui m’avait reproché de lui avoir dit « je ne sais pas », j’avais cru ma dernière heure arrivée dans ce poste et pourtant j’y suis resté quelques années de plus. En prévention des risques, on ne peut pas être, à la fois, psychologue du travail, ergonome, concepteur de matériel, expert sur tous les risques. Mais on peut développer son réseau pour faciliter son évolution et sa compréhension d’un tout. Un tout que sont les risques professionnels.

Au plaisir de vous retrouver, merci #GEPI, #GESST35, #association-AINF

Merci.

Jerome

P.S. et pour aller plus loin dans l’approche systémique des risques regardez du côté de l’organisation internationale du travail. http://www.ilocis.org/fr/contilo.html

 

 

 

 

 

 

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