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Publié par safetyfirst

programme annuel de prévention

programme annuel de prévention

Bonjour,

 

Programme annuel de prévention ou « Mieux vaut penser le changement que changer le pansement » (Francis BLANCHE).

 

Mon dernier post sur l’évaluation des risques (17/10/2017) suite à un échange avec des préventeurs a été l’occasion de réflexions complémentaires. Si vous souhaitez avoir des informations sur les UT et leur définition, ce qui est un vrai sujet de fond, je vous invite à lire les commentaires « d’Henri » sur mon blog et ceux complétés sur un forum de prévention (http://www.previnfo.net/viewtopic.php?topic=18381&forum=13).

Je souhaite donc revenir sur le programme annuel de prévention qui doit compléter utilement cet article sur l’EvRP.

Et je commence volontiers cet article par une question :

  • qui n’a jamais réalisé d’EvRP en ligne avec un plan d’actions voulant répondre ligne à ligne à chaque situation soulevée… ? Moi le premier, je peux vous dire que j’ai failli par excès en voulant faire bien !

Pourtant, une fois encore, nous pouvons nous plaindre de la réglementation alors qu’elle ne nous a jamais demandé cela. Nous alourdissons notre EvRP ou notre DUER sans nécessité.

Toutes les entreprises sont dans une démarche d’amélioration continue et de mesure de cette amélioration, il semble pourtant parfois que la législation freine les initiatives simples en matière de prévention des risques professionnels. Nous voulons appliquer la loi, le décret et sa circulaire explicative dans une carcan extrémiste avec un manque de discernement certain et ce ne sont ni les logiciels sur le marché, ni les EvRP à « n » inconnues qui aident à la simplification.

Aussi, après l’évaluation des risques et son document unique, j’ai constaté que le programme annuel de prévention et évaluation des risques se trouvent dans une relation quasi-exclusive au sein de nombreuses organisations (on peut également constater que le programme annuel de prévention n’est pas un sujet dans de trop nombreuses structures).  

Le PAPRIPACT comme certains aiment à le nommer n’est pas une émanation exclusive de l’évaluation des risques et c’est là un oubli majeur. Au même titre que l’examen initial inscrit dans le cadre de l’ILO-OSH 2001, on peut estimer les données d’entrées suivantes comme nécessaires :

  • L’évaluation des risques et son document unique : pour disposer d’une vision terrain du travail réel et tenir compte des évolutions des expositions au fil du temps.

 

  • Les événements non souhaités : quels qu’ils soient, les accidents comme les précurseurs sont des informations primordiales à intégrer dans un programme annuel de prévention. Même si on peut penser avoir traité les événements à l’unité au moment de leur survenance, le programme annuel permet une prise de recul sur un ensemble de situations particulières passées. Aussi, il est bon d’intégrer ce point pour se forcer à définir une vue globale une fois par an, a minima.

 

  • La réglementation : essentielle car non négociable et à la base de certaines orientations, elle fait partie du programme annuel de prévention. Il n’est certes pas simple d’anticiper les textes à venir, toutefois, nous sommes encore nombreux à identifier des écarts réglementaires au quotidien. C’est dans ce cadre que la réglementation est une donnée d’entrée. Le point d’attention sur ce sujet reste son intégration dans l’existant plutôt que la vision détachée du terrain de la réglementation. Il est possible de raccrocher la majorité des éléments de S&ST de la réglementation aux principes généraux de prévention par ex.

 

  • Les événements positifs : Pour quoi cette donnée d’entrée ? Progresser ce n’est pas que travailler sur les points d’amélioration (trop souvent vus comme négatifs malgré le vocabulaire utilisé), c’est savoir identifier ce qui fonctionne et se donner les moyens de dupliquer. Que ce soient les bonnes pratiques au sein d’une UT, les retours d’expériences intra ou interentreprises ou les initiatives individuelles, nous pouvons encore progresser pour faire de ce plan annuel de prévention un tremplin des réussites tout autant qu’une compensation des écarts…

 

 

 

La philosophie sur ce dernier point replace également le PAPRIPACT dans un référentiel quelque peu différent, c’est-à-dire une dynamique positive ou l’on cherche également à valoriser les réussites. La prévention des risques a besoin d’être lue positivement, tout ne va pas mal et il faut le faire savoir plutôt que s’enfermer dans une spirale négative.

« Il n’y a pas de limite à la sécurité, et plus on sécurise, plus la demande est forte, et plus la sanction est lourde pour les accidents résiduels. La sécurité n’est pas qu’une question scientifique ; elle apparaît surtout une affaire de perception sociale ». in Piloter la sécurité – René AMALBERTI, ed Springer août 2012.

Jérôme

 

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Henri 08/11/2017 08:46

Hello !

Merci pour ce partenariat si j'ose dire.

Juste une remarque : pour moi le pavé "évènements non souhaités" n'est pas vraiment un entrée directe pour l'élaboration du prochain programme de prévention. Tel que décrit il nourrit plutôt la révision de l'EvRP. De même le pavé "évènements positifs" d'une certaine manière (son versant "interne"). Mais ce pavé a toute sa justification si on l'appelle plutôt "Benchmarck" (pour son versant "externe" surtout). Et comme je n'aime pas vraiment utiliser des mots anglais pour parler français je reprendrai plutôt ta notion de "REX" (retour d'expérience) surtout externe mais interne aussi (et en y incluant même la notion de "veille technologique". Disons qu'on cherche à capter de bonnes idées externes éprouvées pour les appliquer ou de bonnes idées internes pour les généraliser.

Mais globalement nous sommes en phase : pour élaborer le prochain programme de prévention il ne s'agit pas d'avoir le nez écrasé sur les lignes du DUER... ni même ne n'avoir que lui comme seule base de réflexion même si c'est la base principale.

Au plaisir.

safetyfirst 11/11/2017 09:53

henri,S
j'entends le pavé ENS comme une donnée d'entrée complémentaire à l'issue d'une période donnée. ponctuellement, chaque ENS est une donnée d'entrée de l'EvRP. De mon point de vue, une donnée d'entrée complémentaire au PAP devrait être le bilan annuel des ENS : l'idée ici est d'analyser une base de donnée pour en faire ressortir des éléments qui ne sont pas forcément lisibles lorsqu'un ENS survient mais ressortent statistiquement.
pour le REX, je suis ok c'est bien le sujet avec un point d'attention que je mets en avant dans les quelques EvRP que je pratique : l'évaluation positive des risques, c'est à dire chercher à valoriser ce qui fonctionne bien pour l'étendre autant que ce qui doit être amélioré. Ainsi, dans les structures d'une certaine taille, je pense que le benchmark interne est autant, voire plus important que l'externe.
bon WE
jérôme

Henri 08/11/2017 08:46

Hello !

Merci pour ce partenariat si j'ose dire.

Juste une remarque : pour moi le pavé "évènements non souhaités" n'est pas vraiment un entrée directe pour l'élaboration du prochain programme de prévention. Tel que décrit il nourrit plutôt la révision de l'EvRP. De même le pavé "évènements positifs" d'une certaine manière (son versant "interne"). Mais ce pavé a toute sa justification si on l'appelle plutôt "Benchmarck" (pour son versant "externe" surtout). Et comme je n'aime pas vraiment utiliser des mots anglais pour parler français je reprendrai plutôt ta notion de "REX" (retour d'expérience) surtout externe mais interne aussi (et en y incluant même la notion de "veille technologique". Disons qu'on cherche à capter de bonnes idées externes éprouvées pour les appliquer ou de bonnes idées internes pour les généraliser.

Mais globalement nous sommes en phase : pour élaborer le prochain programme de prévention il ne s'agit pas d'avoir le nez écrasé sur les lignes du DUER... ni même ne n'avoir que lui comme seule base de réflexion même si c'est la base principale.

Au plaisir.