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Publié par safetyfirst

J’ai déjà utilisé une expression reprise dans le livre de Ph ZAWIEJA sur le burn-out aux édition PUF – que sais-je ? et qui me tient à cœur pour évoquer la qualité de vie au travail

« C’est trop facile de dire que tout est la faute du boulot. On peut penser à des situations où l’on est censé s’épanouir au travail ; on est censé s’épanouir durant notre temps libre. Je veux dire que rentrer chez soi, s’asseoir, se reposer et être fatigué devant la télé, ce n’est pas assez bien. Nous sommes censés vivre à un train d’enfer » (Glasberg, Borberg et Söderberg – 2007)

 

La qualité de vie au travail a un mérite : celle d’aborder l’entreprise à travers un vision systémique là où les préventeurs ou les ergonomes ont échoué et là où, a priori, le Lean a un peu mieux réussi… (avec parfois des adaptations hasardeuses).

L’objet de la QVT est bien l’homme dans son environnement de travail et ne nous trompons pas nous sommes sur les bases de la prévention des risques en entreprises. Pour celui qui est passé, dans son cursus universitaire, par un DUT HSE il y a une vingtaine d’année, cette approche systémique était bien celle qui nous était proposée. Pour autant, les entreprises sont-elles plus à l’écoute aujourd’hui ?

La QVT n’existe pas juridiquement. On peut la décomposer en myriades d’obligations réglementaires qui sont toutes vues comme indépendantes les unes des autres. Alors oui, parler de QVT est une provocation car notre arsenal juridique ne permet pas aux entreprises de pouvoir faire face à tout simplement dans notre contexte international et c’est une autre provocation pour les salariés qui composent la plupart du réseau des TPE – PME et encore plus pour celui qui cherche un job.

Une provocation car l’entreprise ne peut pas se permettre aujourd’hui de ne pas être conforme à la réglementation. Les organisations génèrent de l’administratif (perte de temps) et nous oublions de parler entre collègues. On préfère envoyer un courrier électronique plutôt qu’utiliser son téléphone ou faire quelques mètres à peine. On s’entend même régulièrement dire « tu m’envoies un mail ! » y compris pour une date de RDV à contrôler en 10s. … Alors oui, la QVT commence dans le bureau d’à côté.

La QVT comme toute démarche est et restera un mirage pour de nombreuses entreprises. Pour y croire, il faut investir dans les Hommes et les Femmes, savoir remettre en cause des pratiques parfois anciennes et face au changement nous savons bien que la volonté des dirigeants doit être très forte. Nous parlons souvent des facteurs humains et organisationnels pour avancer en prévention.

Le facteur humain commence ici à la tête de chaque entreprise ou collectivité et il permet ensuite de modifier ses organisations pour tendre vers des relations différentes en son sein.

En évoquant des « relations différentes », je ne parle pas forcément d’entreprise libérée ou agile. Je rencontre de nombreuses organisations où le management se fait par habitude :

  •  « On ne va pas sanctionner pour ça »
  • « Ça ne change rien, je lui ai déjà dit »

Mon opinion penche pour un besoin d'assumer les règles et d’assurer auprès de chaque salarié une certaine transparence des objectifs et de la situation de l’entreprise. Et oui, une mesure très classique pour moi, le centre de la QVT, je le trouve dans le sens donné au travail et dans une certaine rigueur de gestion de la ressource humaine :

  • Que fais-je ici ?
  • Où se place mon job dans la chaîne de valeur ?
  • Je peux proposer des idées, des initiatives en étant sûr d’avoir un retour.
  • Je me projette à 3/5 ans avec la possibilité de me former
  • Les règles au travail sont les mêmes pour chacun (équité)

(image de l'ARACT)

La qualité de vie au travail tente de créer du lien au sein d’entreprises et organisations ayant développé le travail en silos depuis des années.

Pour provoquer le changement, il me semble que les deux conditions primordiales d’une entreprise souhaitant développer une démarche QVT sont :

  • Disposer d’une véritable vision à 5-7 ans et la communiquer
  • Réduire le travail en silos pour au moins créer de vrais ponts dans le but d’une approche systémique

 

En 20 années de prévention, je suis passé de la sécurité au travail, à la prévention puis à la santé et la sécurité au travail pour atterrir sur la QVT en passant par le bien être. Tout ceci pour dire que nous sommes toujours sur l’Homme dans son environnement de travail. Nous avons perdu un certain lien au travail avec le temps, et aujourd’hui, nous tentons de recoller les morceaux en valorisant le lien social nécessaire, comme au cœur du travail.

La QVT ne se décrète pas et c’est sans doute là que se trouve la provocation car elle fera l’objet de placébos dans de nombreuses organisations. Toutefois, cela mérite de s’y intéresser et d’aller de l’avant car certaines organisations, elles, comprendront le besoin de cette approche dans un cadre typiquement RSE et donc socialement durable.

@ votre écoute

Jérôme

 

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